Wall Street : le repli du jour plombe la performance hebdo
information fournie par Zonebourse 15/05/2026 à 23:00
Une fois n'est pas coutume, les 4 principaux indices clôturent au plus bas du jour et de la semaine écoulée : le Dow Jones a cédé 1,07%, le S&P500500 -1,24% à 7.408 points (100Pts de moins que jeudi soir vers 18H) le Nasdaq-100 dérape de -1,54% vers 29.125, soit 500Pts de moins que son zénith de la veille (le "SOXX" perd -4,05%), le Russell-2000 décroche de -2,4% vers 2.795Pts (soit -2,2% en hebdo).
La complaisance totale qui régnait sans partage jeudi soir laisse soudain place à l'inquiétude, avec un "VIX" qui fait un bond de 6,7% vers 18,50, alors que les rendements obligataires battent également des records vieux de plus de 19 ans (pour le "30 ans" qui culmine à 5,13% pour le 1ère fois depuis août 2007).
On peut parler d'alerte rouge sur l'obligataire, avec un "10 ans" à 4,60% ce soir ( 14,4Pts !) : le miracle espéré n'est pas venu.
Chaque fois que le "10 ans" US a flirté ces 12 derniers mois avec les 4,50% (et le "30 ans" avec les "5%"), ce qui faisait trembler Wall Street, Donald trump a fait une déclaration -vraie ou fausse, peu importe- qui faisait brusquement retomber la tension ("TACO" sur les droits de douane... à plusieurs reprises, annonces d'une réouverture imminente d'Ormuz, toutes démenties par les faits).
Cette fois, pas de "deus ex-machina" pour sauver les marchés obligataires, et cela se produit le jour même de la fin du mandat de Jerome Powell et de l'entrée en fonction de son successeur, Kevin Warsh, confirmé à la tête de la FED par une étroite majorité de parlementaires.
Après la publication de plusieurs indicateurs d'inflation très négatifs, mardi, mercredi puis jeudi, il fallait vraiment de bonnes nouvelles pour contrebalancer les risques de hausse de taux d'ici fin 2026 : les chiffres du jour traduisent une robustesse inattendue de l'activité (peut-être en anticipation de la hausse des matières premières).
La production industrielle américaine a augmenté de 0,7% en avril, après avoir reculé de 0,3% en mars (consensus à 0,3%).
Le taux d'utilisation des capacités de production est de 76,1%, contre 75,8% attendu après 75,7% le mois précédent.
En outre, l'activité des entreprises manufacturières "Empire state" a fortement augmenté dans l'Etat de New York en mai, selon la Fed de New York, dont l'indice général des conditions économiques a grimpé de neuf points pour atteindre 19,6, son niveau le plus élevé depuis plus de quatre ans, alors que les nouvelles commandes et les livraisons ont considérablement augmenté pour le 2e mois consécutif.
De tels chiffres ne font que renforcer les anticipations de hausses de taux car cela risque de pousser à la hausse les prix de l'énergie et des matières premières.
Le soulagement n'est pas non plus venu de la visite d'état de Donald Trump en Chine : lors de son voyage de retour, peu après avoir quitté Pékin dans "Air Force One", Donald Trump a affirmé avoir "conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays", sans en dévoiler les détails.
Le principal contrat, c'est une promesse d'achat de 200 Boeing (Wall Street en espérait 500), sans calendrier, sans précision sur les types d'appareils sélectionnés.
Le reste est banal, de l'ordre du "business as usual", pas besoin d'un "sommet de Pékin" pour signer des achats de soja et d'autres produits agricoles américains, ou de pétrole (les réserves stratégiques américaines qui chutent rapidement vont-elles permettre d'honorer ce genre d'engagement sur le long terme ?).
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères chinois a rappelé en marge du sommet Etats-Unis-Chine que le conflit dans le Golfe Persique "n'aurait jamais dû se produire" (il entrera dans son 78ème jour ce samedi à minuit).
Et ni Trump ni Xi-Jinping n'ont fait état d'une feuille de route conjointe pour parvenir à une réouverture du détroit d'Ormuz, via la négociation et "d'amicales pressions".
L'Iran semble bel et bien déterminé à user de son avantage, car chaque jour qui passe met davantage la pression sur les Etats Unis et ses alliés (les pénuries menacent) que sur la Chine qui s'est constitué d'importants stocks et les protège en cessant d'exporter du gaz, des céréales, et surtout, de l'acide sulfurique depuis le 1er mai, ce qui va fortement impacter les capacités de raffinage des métaux critiques comme le cuivre (Chili, Pérou), le Nickel (Indonésie), le lithium (Australie, Bolivie, Etats Unis).
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